Élisabeth Vonarburg.
PS 8593 V945 R365 2005 1
Un pays à l’aube
Dennis Lehane ccrb
L’Amérique se remet difficilement des soubresauts de la Première Guerre mondiale.
De
retour d’Europe, les soldats entendent retrouver leurs emplois, souvent
occupés par des Noirs en leur absence. L’économie est ébranlée, le pays
s’est endetté et l’inflation fait des ravages. La vie devient de plus
en plus difficile pour les classes pauvres, en particulier dans les
villes. C’est sur ce terreau que fleurissent les luttes syndicales, que
prospèrent les groupes anarchistes et bolcheviques, et aussi les
premiers mouvements de défense de la cause noire.
En septembre 1918,
Luther Laurence, jeune ouvrier noir de l’Ohio, est amené par un
étonnant concours de circonstances à disputer une partie de base-ball
face à Babe Ruth, étoile montante de ce sport. Une expérience amère
qu’il n’oubliera jamais. Au même moment, l’agent Danny Coughlin, issu
d’une famille irlandaise et fils aîné d’un légendaire capitaine de la
police de Boston, pratique la boxe avec talent.
Il est également
chargé d’une mission spéciale par son parrain, le retors lieutenant
McKenna, qui l’infiltre dans les milieux syndicaux et anarchistes pour
repérer les » fauteurs de troubles » puis les expulser du territoire
américain. A priori Luther et Danny n’ont rien en commun. Le destin va
pourtant les réunir à Boston en 1919, l’année de tous les dangers.
Tandis que Luther fuit son passé, Danny cherche désespérément le sens
de sa vie présente, en rupture avec le clan familial.
Dans une ville
marquée par une série de traumatismes, une ville où gronde la révolte,
la grève des forces de police va mettre le feu aux poudres.
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Où on va, papa? (prix Femina)
Jean-Louis Fournier ccrb
UL : PQ2666 .O853895 Z46 2008
Pourquoi
? J’avais honte ? Peur qu’on me plaigne ? ! Ou cela un peu mélangé. Je
crois, surtout, que c’était pour échapper à la question terrible :
Qu’est-ce qu’ils font ? Aujourd’hui que le temps presse, que la fin du
monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j’ai
décidé de leur écrire un livre. Pour qu’on ne les oublie pas, qu’il ne
reste pas d’eux seulement une photo sur une carte d’invalidité.
Peut-être
pour dire mes remords. Je n’ai pas été un très bon père. Souvent, je ne
les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d’ange, et je ne
suis pas un ange. Grâce à eux, j’ai eu des avantages sur les parents
d’enfants normaux. Je n’ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur
orientation professionnelle. Nous n’avons pas eu à hésiter entre
filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de
savoir ce qu’ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait :
rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j’ai bénéficié d’une
vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j’ai pu rouler dans des
grosses voitures américaines.
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Qu’ai-je donc fais?
Jean Ormesson ccrb
donc fait? J’ai aimé l’eau, la lumière, le soleil, les matins d’été,
les ports, la douceur du soir dans les collines et une foule de détails
sans le moindre intérêt comme cet olivier très rond dont je me souviens
encore dans la baie de Fethiye ou un escalier bleu et blanc flanqué de
deux fontaines dans un village des Pouilles dont j’ai oublié le nom.
Je
ne regrette ni d’être venu ni de devoir repartir vers quelque chose
d’inconnu dont personne, grâce à Dieu, n’a jamais pu rien savoir. J’ai
trouvé la vie très belle et assez longue à mon goût. J’ai eu de la
chance. Merci. J’ai commis des fautes et des erreurs. Pardon. Pensez à
moi de temps en temps. Saluez le monde pour moi quand je ne serai plus
là. C’est une drôle de machine à faire verser des larmes de sang et à
rendre fou de bonheur.
Je me retourne encore une fois sur ce temps
perdu et gagné et je me dis, je me trompe peut-être, qu’il m’a donné
comme ça, pour rien, avec beaucoup de grâce et de bonne volonté – ce
qu’il y a eu de meilleur de toute éternité : la vie d’un homme parmi
les autres. »
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Dernière conférence
Marc Bressant
Minuscule
monde clos où s’affrontent les intérêts des Etats, mais aussi
s’entremêlent les intrigues personnelles de leurs représentants. Elle
s’ouvre à Londres en octobre 1989, rassemblant tous les pays européens.
Nul n’en attend rien. Même si Gorbatchev et sa perestroïka laissent
pressentir de possibles évolutions, on est encore en plein équilibre de
la terreur. Du reste, au moment où débute la Conférence, l’Allemagne de
l’Est célèbre en fanfare son quarantième anniversaire.
Pourtant
l’impensable va survenir: quand la Conférence se sépare deux mois plus
tard, le Mur de Berlin sera tombé, et, comme dans un jeu de massacre,
les démocraties populaires auront été l’une après l’autre balayées.
Tout au long de cette Dernière Conférence de la guerre froide,
Tromelin, le chef de la délégation française, tient son journal. Sous
son regard d’ethnologue, s’agite la faune souvent dérisoire, parfois
inquiétante, de ses collègues des deux blocs.
Englués au départ dans
leurs certitudes, ceux-ci vont vite se trouver démunis face à la
tempête qui se lève et peu à peu leur arrache tous leurs repères. Tel
un sismographe planté au cour de ces semaines décisives, le témoignage
de Tromelin restitue le tracé du tremblement de terre qui ébranla alors
l’Europe et le monde, et en modifia radicalement la trajectoire. Avec
une verve impitoyable, le texte cerne, dans ce ghetto qu’est une
conférence diplomatique, le destin d’un groupe d’hommes et de femmes
confrontés à ce à quoi leur métier les avait le moins préparés: un
interstice de liberté dans la trame de l’Histoire.

